Pour illustrer ce qu’est l’impuissance apprise (ou induite), il y a la métaphore de l’éléphant et de la corde. J’ai entendu cette histoire il y a quelques années[1].
Un homme passe devant des éléphants dans un camp. Ils ne sont pas dans des cages, pas enchaînés : une simple corde très fine, attachée à leur patte, les retient.
L’homme est surpris : ces éléphants sont géants et très puissants — ils devraient pouvoir casser la corde facilement.
Il interroge un dresseur. Celui-ci explique que lorsque les éléphants étaient jeunes, on leur mettait exactement la même corde, et à ce moment-là, elle suffisait à les retenir, car ils étaient encore petits. En grandissant, les éléphants se conditionnent mentalement : ils croient que la corde peut encore les retenir, même si physiquement elle ne pose plus de réel obstacle. Il en résulte que des années plus tard, les éléphants ne tentent même pas de se libérer, parce qu’ils sont convaincus qu’ils ne le peuvent pas.
Nous avons tous notre petite corde qui nous retient. Ces faibles liens, nos croyances limitantes, peuvent nous enfermer non pas par la force, mais par leur acceptation mentale.
[1] « The elephant and the rope ». Il n’y a semble-t-il pas de références académiques sur cette histoire, ni de retours scientifiques. Je me contente donc simplement d’évoquer la métaphore.